SOS bonheur, de Van Hamme & Griffo (1984-1989)

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Dans cette série de bandes dessinées en 3 tomes, Jean Van Hamme tente d’imaginer comment les bonnes intentions de l’Etat providence peuvent accoucher d’un monde orwellien qui étouffe tout désir d’individualité.

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Quinzinzinzili, de Régis Messac (1934)

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Quinzinzinzili

Récit post-apocalyptique de la SF française des années 1930, avec ses quelques fulgurances désespérées et ses nombreux tics agaçants.

Ne serais-je qu’un pauvre fou inoffensif, que l’on laisse sortir de temps en temps, qui mène à certains jours une existence presque normale, mais qui, par un étrange désordre de l’esprit, s’imagine, le pauvre, qu’il a vécu la fin du monde ? (p.173)

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Les petits dieux, de Terry Pratchett (1992)

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Dans ce 13e tome des Annales du Disque-Monde, Terry Pratchett applique son imagination parodique et humoristique à la question des croyances religieuses.

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Rappelons que, dans le Disque-Monde, la Terre est un disque plat soutenu par une tortue géante, alors que de nombreux philosophes qui la peuplent la croient sphérique, et une multitude de dieux coexistent, tant qu’ils trouvent quelqu’un pour croire en eux.

Il y a des milliards de dieux dans le monde. Ils fourmillent serrés comme des harengs. La plupart sont trop petits pour qu’on les voie, et ne deviennent jamais objets de culte, du moins par rien de plus gros qu’une bactérie, qui ne récite jamais ses prières et n’est pas trop exigeante en matière de miracles.

Ce sont de petits dieux, les esprits des lieux où se croisent deux pistes de fourmis, les dieux des microclimats aussi bas que les racines de l’herbe. Et la plupart restent dans cet état.

Parce que, ce qui leur manque, c’est qu’on croie en eux. (…) Parce que les dieux ont besoin de croyants, et les humains ont envie d’avoir des dieux. (p.11)

Dans la cité d’Omnia, toute la hiérarchie ecclésiastique est ordonnée autour du culte du dieu suprême Om, du simple sous-fifre Brutha jusqu’au futur prophète Vorbis. Une ambition dévorante pousse Vorbis à la conquête d’autres territoires, par la ruse et en leur impose son culte. Mais Brutha, plutôt décrit comme un abruti dont la pensée est d’autant plus lente que sa mémoire est grande, fait la rencontre d’une tortue qui déclare être l’incarnation de Om. Dieu qui a perdu toute puissance, que la plupart des humains envisagent plutôt de manger, et qui ne peut plus compter que sur Brutha, le seul véritable croyant qu’il lui reste.

Les gens racontaient qu’il devait y avoir un Être Suprême, parce que, sinon, comment l’univers ferait-il pour exister, hein ? (…) Mais puisque l’univers était un vrai bazar, il était évident que ce n’était pas l’Être Suprême qui l’avait créé en réalité. S’il l’avait créé, étant Suprême, il aurait bien mieux réussi, en consacrant un peu plus de réflexion à certaines choses, comme à la conception de la narine ordinaire, pour choisir un exemple au hasard. Ou, pour le dire autrement, l’existence d’une montre mal assemblée était la preuve de l’existence d’un horloger aveugle. Il suffisait de regarder autour de vous pour constater que, presque partout, il reste une marge de progression.

Cela montrait que l’Univers avait probablement été assemblé à la va-vite par un subalterne, pendant que l’Être Suprême regardait ailleurs, un peu comme les bulletins des associations de scoutisme qu’on photocopie dans tout le pays. (p.117)

Les aventures de ces personnages, entre autres manoeuvres et complots, vont les mener dans la cité d’Ephebe (qui ressemble étrangement à notre Athènes antique), cité qui résiste encore à la puissance d’Omnia, et où les esclaves veulent rester esclaves dans l’espoir de pouvoir un jour eux aussi posséder leurs propres esclaves. On y croise toute une panoplie de philosophes loufoques, qui passent leur temps à se baigner et échangent volontiers leurs profonds aphorismes contre quelques verres. Et surtout on suit l’éveil progressif de Brutha au contact du dieu-tortue, qui lui fait comprendre que la plupart des textes sacrés qu’on lui a appris à vénérer ne sont que des inventions humaines, attribuées à un dieu qui n’a que faire de la façon dont les hommes se comportent les uns envers les autres, tant qu’ils continuent à le vénérer comme leur dieu.

« Ce n’est pas parce que tu arrives à l’expliquer que ça ne reste pas un miracle. » (p.253)

Terry Pratchett nous offre une satire réjouissante, qui accumule les effets de nonsense, et nous alerte sur les petits travers de notre monde à travers le miroir grossissant de son univers parodique.

Rapport minoritaire, de Philip K. Dick (1956)

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Dans la société du futur, toute criminalité a été abolie. La division Précrime de la police est capable d’identifier et de neutraliser les criminels une à deux semaines avant qu’ils ne puissent passer à l’acte. Le système de prédiction est basé sur 3 mutants précogs, capables d’obtenir des visions précises de l’avenir, et leurs rapports sont croisés pour déterminer le « rapport minoritaire », celui qui détermine si tel ou tel individu aura bel et bien l’intention de tuer. Lire la suite

Le berceau du chat, de Kurt Vonnegut (1963)

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Jonas Hoosiers est un journaliste qui veut écrire un livre sur le jour de la fin du monde, le 6 août 1945, le jour où la bombe atomique a été lancée sur Hiroshima. Il tente de glaner des anecdotes sur le Dr Hoenikker, à présent mort, par l’intermédiaire de ses enfants, à commencer par Newt. Ce jour-là le Docteur était chez lui en train de réaliser la figure du berceau du chat avec un élastique.

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Le récit multiplie les trouvailles linguistiques délirantes chères à Vonnegut : Jonas est adepte de la secte de Bokonon, il cherche les membres de son « karass ». Lire la suite

Les créatures du lac, de Bob Leman (1980)

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Cette nouvelle fait partie du recueil « Bienvenue à Sturkeyville » que les éditions Scylla souhaitent publier avec le soutien de ses lecteurs, et elle est mise à disposition pendant la campagne de crowdfunding de ce volume. Ce recueil se présente comme un fix-up de plusieurs nouvelles, qui s’inscrivent toutes dans un univers commun, dans la même lignée que Vermillion Sands de Ballard ou du cycle Yirminadingrad de Léo Henry & Jacques Mucchielli.

« Des créatures pâles et sans os, avec des bouches informes pleines de dents, vivent au fond du lac. Mon oncle Caleb disait qu’autrefois, il y a longtemps, elles appartenaient à une famille – les Feester – et habitaient la grande maison sur la rive. Un jour, il leur est arrivé une chose très étrange. Depuis, elles ne peuvent subsister que dans l’obscurité, enfouies dans la boue glacée.

Parfois, la nuit, elles s’approchent de la berge, remontent à la surface et pleurent comme des enfants égarés ayant perdu tout espoir. Ces plaintes d’une infinie tristesse, ces sanglots pitoyables éveillent dans le cœur des femmes sans méfiance un désir profond de les sauver et les consoler. Celles qui y succombent disparaissent pour toujours. Du moins, c’est ce que racontait oncle Caleb. »

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Mes vrais enfants, de Jo Walton (2014)

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« Elle était persuadée de vivre dans deux réalités différentes, de dériver sans cesse de l’une à l’autre. » (p.18)

2015. Patricia a 89 ans et finit sa vie dans une maison de retraite, où son état mental est jugé particulièrement confus. Elle hésite entre deux mémoires, entre deux vies passées qui ont bifurqué en 1949 quand elle a dû choisir si elle épouserait ou non le jeune Mark.

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Lifechanger, de Justin McConnell (2018)

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Changer de vie ? Le fantasme d’échapper à l’identité sociale qui nous a été assignée, et de rejouer à zéro, en devenant quelqu’un d’autre, à volonté. Ce fantasme devient ici à la fois un pouvoir et une malédiction, pour Drew, cette créature forcée de changer périodiquement de corps : chaque jour il change d’identité, de profession, de sexe et de statut, mais les intervalles se rapprochent, les corps qu’il investit s’usent et ne durent plus que quelques heures avant de devoir être jetés.

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Annihilation, de Jeff Vandermeer (2014)

La Zone X est un territoire mystérieux, déjà exploré par 11 expéditions successives, mais dont personne n’est jamais revenu identique. Pour mieux la cartographier et la comprendre, une douzième expédition, réduite, est envoyée. Cinq femmes seulement, dont les noms nous sont gommés et qui ne sont plus appelées que par leur profession : la psychologue, la géomètre, l’anthropologue, la linguiste et la biologiste.

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